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Pour ce qui est du militarisme, je suis heureux de dire, que tous les jours je reçois des lettres de mes amis inconnus, des vrais chrétiens, qui souffrent les emprisonnements et la misère de leurs familles pour leur refus du service militaire. Aujourd’hui encore le meme courrier qui m’apporta vorte lettre m’en remit deux: l’une d’un jeune soldat qui est en prison depuis deux ans, qui m’écrit qu’il se sent heureux et content;5 et l’autre de Bulgarie, de la part des amis de quatre jeunes gens, qui souffrent la même chose de la part de leur gouvernement.6

De sorte, que pour ce qui regarde vos principes fondamentaux et les résultats auxquels vous tendez, je coincide complètement avec vous. Je crois pouvoir dire même que quelques minimes que soient les résultats obtenus par les personnes qui tachent de suivre les principes chrétiens dans toute leur parlée ampleur, ces résultats sont plus grands que ceux auquels jusqu’aprésent sont arrivés les communistes anarchistes.

Cela m’amene au fond de la question et à la seule différence d’opinion qui existe entre nous.

Vous dites que le problème social est avant tout un problème économique. Je ne le pense pas. Le problème social, comme vous le dites, ou l’avenement du royaume de Dieu, comme vous l’entendez et comme je l’entends, est beaucoup plus vaste. Le problеme économique n’est qu’une toute petite partie de l’arc du cercle. Il y a les rapports des sexes, l’éducation des enfants, la manière d’agir envers les assaillants, les fous, les animaux et une quantité d’actions personnelles et de rapports entre les hommes qui n’entrent pas dans le problème économique et qui sont les plus importants pour l’humanité. Tous ces problèmes ne se solvent pas par la solution du problème économique. La solution de ces problèmes et de tous ceux qui peuvent se poser devant l’homme, n’est pas dans les lois économique mais dans le domaine spirituel. Leur solution est celle que donne l’apôtre Jean dans ses épîtres. La solution est dans la révélation de l’amour. Je dis «révélation» parce que je crois que l’amour n’est pas une prescription, mais une loi intérieure de la vie de l’homme; que l’amour est le seul moyen pour l’homme d’atteindre au bonheur, auquel il tend naturellement. Cette loi a été révélé non seulement par la chrétienté, mais par tous les sages du monde: Egyptiens, Chinois, Indiens, Grecs etc. Mais elle n’a pas été acceptée et comprise que par une toute petite minorité. L’histoire de l’humanité

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